Agronomie

Tache goudronneuse dans le maïs

Faits sur les agents pathogènes

  • Le champignon pathogène Phyllachora maydis cause la tache goudronneuse. Il s’agit d’une maladie foliaire du maïs relativement nouvelle aux États-Unis. Elle est apparue pour la première fois dans l’Illinois et l’Indiana en 2015. Puis, elle s’est propagée vers l’est jusqu’au Michigan.
  • Il faut s’attendre à ce que la tache goudronneuse se développe lorsque les températures sont fraîches (60-70 ºF, 16-20 ºC), l’humidité relative est élevée (>75 %), les journées nuageuses sont fréquentes et la rosée présente pendant plus de sept heures la nuit.
  • La tache goudronneuse réduit le rendement en diminuant la capacité photosynthétique des feuilles. Elle provoque une sénescence rapide et prématurée des feuilles.

Identification et symptômes de la tache goudronneuse

  • La tache goudronneuse est la manifestation physique de fructifications fongiques de forme circulaire et de couleur goudron. Nommées ascomates, elles se développent sur les feuilles de maïs.
  • Les premiers symptômes sont de petites lésions brunes qui s’assombrissent avec l’âge.
  • En présence des fructifications, des boursouflures et des inégalités apparaissent sur la feuille.
  • Les lésions de la tache goudronneuse ne peuvent pas être complètement enlevées par frottement ou dissoutes dans l’eau.


Figure 1: Feuilles de maïs infectées par la tache goudronneuse dans un champ de l’Illinois en 2018

  • Sous des conditions favorables, la tache goudronneuse se propage des feuilles du bas aux feuilles supérieures, aux gaines des feuilles et finalement aux enveloppes des épis en développement.
  • Une infection sévère peut provoquer la nécrose des feuilles.
  • Les épis touchés peuvent avoir un poids spécifique réduit et des grains détachés de l’épi. Les grains à l’extrémité de l’épi peuvent germer prématurément.


Figure 2: Lésions de taches goudronneuses sur une feuille de maïs



Figure 3. Comtés avec une incidence confirmée de la tache goudronneuse, 2015-2020 (à partir de 10-12-20). Référence : Corn ipmPIPE, 2020.

Occurrence de la tache goudronneuse aux États-Unis et au Canada

  • Les premières confirmations de la tache goudronneuse aux États-Unis ont eu lieu dans l’Illinois et l’Indiana en 2015 (Bissonnette, 2015 ; Ruhl et al., 2016).
  • Elle s’est ensuite répandue dans le Michigan, le Wisconsin, l’Iowa, l’Ohio, le Missouri, le Minnesota, la Pennsylvanie et le sud de l’Ontario (Figure 1).
  • Si vous soupçonnez la présence de la tache goudronneuse dans votre maïs, veuillez contacter votre agronome ou votre représentant Pioneer.

Épidémiologie de la tache goudronneuse dans le maïs

  • En tant que pathogène obligatoire P. maydis a besoin d’un hôte vivant pour se développer et se reproduire. Il peut survivre à l’hiver du Midwest américain dans les résidus de culture infectés à la surface du sol.
  • Il faut s’attendre à ce que la tache goudronneuse se développe lorsque les températures sont fraîches (60-70 ºF, 16-20 ºC), l’humidité relative est élevée (>75 %), les journées nuageuses sont fréquentes et la rosée présente pendant plus de sept heures la nuit. 
  • La tache goudronneuse est polycyclique. Elle peut continuer à produire des spores et à se propager à de nouvelles plantes tant que les conditions environnementales sont favorables.


Figure 4: P. maydis produit des spores portées par le vent. Il les disperse jusqu’à 800 pieds. Les spores sont libérées pendant les périodes de forte humidité.

Points à prendre en considération

Impact de la tache goudronneuse sur le rendement

  • Pour la première fois, en 2018, des réductions de rendement du maïs associées à la tache goudronneuse ont été documentées aux États-Unis. 
  • Des essais universitaires sur des hybrides de maïs menés en 2018 ont suggéré des pertes de rendement potentielles allant jusqu’à 2500 kg/ha en cas de fortes infestations (Telenko et al., 2019).
  • Les infestations sévères de la tache goudronneuse ont été associées à une réduction de la qualité des tiges. Si des symptômes foliaires sont présents, surveiller attentivement la qualité des tiges pour déterminer le moment de la récolte.
  • Rien ne prouve que la tache goudronneuse provoque la pourriture de l’épi ou produit des mycotoxines nocives (Kleczewski, 2018).

Différences de réaction selon l’hybride

  • Les observations lors d’essais d’hybrides indiquent que leur sensibilité à la tache goudronneuse diffère (Kleczewski et Smith, 2018).
  • Pour un endroit donné, il a été démontré que les hybrides à maturité plus longue présentent un plus grand risque de perte de rendement due à la tache goudronneuse que les hybrides à maturité plus courte (Telenko et al., 2019).  
  • Pour gérer cette maladie, en premier lieu, il faut considérer la résistance génétique. En effet, elle semble avoir un impact plus important sur les symptômes et la perte de rendement que les pratiques de gestion culturelle ou chimique.

Fongicides foliaires

  • Au Canada, les recommandations spécifiques de gestion au moyen de fongicides sont encore en cours d’élaboration.
  • La recherche suggère que la tache goudronneuse peut être difficile à supprimer par une seule application de fongicide en raison de son cycle de réinfection rapide, en particulier dans le maïs irrigué.

Pratiques agronomiques pour gérer la tache goudronneuse

  • L’agent pathogène qui cause la tache goudronneuse passe l’hiver dans les résidus de maïs. On ne sait connait pas l’impact de la quantité de résidus à la surface du sol sur la gravité de la maladie l’année suivante.
  • Les observations faites jusqu’à présent suggèrent que la rotation et le travail du sol ont probablement peu d’effet sur la gravité de la tache goudronneuse.
  • La durée de l’humidité à la surface des feuilles semble être un facteur clé dans le développement et la propagation de la tache goudronneuse. Les agriculteurs qui irriguent leur maïs dans les zones touchées par la tache goudronneuse ont tenté d’irriguer la nuit pour réduire la durée de l’humidité sur les feuilles.

Références

Bissonnette, S. 2015. CORN DISEASE ALERT: New Fungal Leaf disease “Tar spot” Phyllachora maydis identified in 3 northern Illinois counties. The Bulletin. University of Illinois Extension. http://bulletin.ipm.illinois.edu/?p=3423 

Kleczewski, N. 2018. Tar Spot on Corn: Setting the Record Straight. Illinois Field Crop Disease Hub. University of Illinois Extension. http://cropdisease.cropsciences.illinois.edu/?p=822 

Kleczewski, N. and D. Smith. 2018. Corn Hybrid Response to Tar Spot. The Bulletin. University of Illinois Extension. http://bulletin.ipm.illinois.edu/?p=4341 

Ruhl G., M.K. Romberg, S. Bissonnette, D. Plewa, T. Creswell, and K.A. Wise 2016. First report of tar spot on corn caused by Phyllachora maydis in the United States. Plant Dis 100(7):1496.

Telenko, D., M.I. Chilvers, N. Kleczewski, D.L. Smith, A.M. Byrne, P. Devillez, T. Diallo, R. Higgins, D. Joos, K. Kohn, J. Lauer, B. Mueller, M.P. Singh, W.D. Widdicombe, and L.A. Williams. 2019. How tar spot of corn impacted hybrid yields during the 2018 Midwest epidemic. Crop Protection Network. https://cropprotectionnetwork.org/resources/features/how-tar-spot-of-corn-impacted-hybrid-yields-during-the-2018-midwest-epidemic

Wise, K. 2020. Fungicide Efficacy for Control of Corn Diseases. Crop Protection Network. CPN-2011-W. https://crop-protection-network.s3.amazonaws.com/ 
publications/fungicide-efficacy-for-control-of-corn-diseases-filename-2020-03-18-150007.pdf